Le viol, le crime parfait ?

En France, on peut violer en tout impunité (ou presque). Or, il s’agit d’un véritable problème de santé publique ignoré par le corps médical et les professionnels de la Justice.

Pour commencer, voici quelques chiffres… Chaque heure en France, près de 9 personnes sont violées, soit 206 viols par jour. Mais le nombre de viols serait en réalité de 190.000 par an en France, dont seulement 12.768 déclarés. Il y aurait chaque année 198 000 tentatives de viol en France.

Seulement 1% des violeurs sont condamnés

Les violences sexuelles ont le triste privilège d’être celles qui ont les conséquences psychotraumatiques les plus graves, avec un risque de développer un état de stress post-traumatique chronique très élevé. Et pourtant, les victimes de viols bénéficient-elles d’un soutien particulier, d’un accompagnement après leur plainte? Bien sûr que non. 

Il s’agit d’une non-assistance à personnes en danger

Pourtant, en France, les événements récents ont montré que l’Etat était capable de mettre en place un protocole concernant le stress post-traumatique. Oui, mais uniquement pour les victimes d’attentats… En effet, 400 personnes vont pouvoir bénéficier d’un protocole innovant, provenant du Canada, pendant six semaines, et permettant de prévenir le syndrome de stress post-traumatique. Tout ceci, gratuitement. 

Alors, sachant que les victimes de viols sont celles qui développent le plus de syndrome de stress post-traumatique (environ 80% des victimes), pourquoi ne peuvent-elles pas bénéficier de soins efficaces et gratuits? Pourquoi les laisse-t-on dans un état grave? Quand un blessé est soigné à l’hôpital, les soins lui sont offerts, on panse ses blessures… Mais puisqu’il s’agit de blessures psychiques, les victimes de viols, ne sont pas prises en charge, ne bénéficient pas d’un protocole. Et même, ayant moi-même déposé plainte pour un viol, je peux affirmer qu’on ne nous dirige nulle part, pas de conseils, pas d’informations. On ressort du commissariat comme une simple victime de vol de carte bancaire. Il ne reste plus qu’à attendre que le stress post-traumatique arrive dans une semaine, dans un mois, dans un an, dans cinq ans. Oui, parce que quand il survient, vous devrez dépenser des fortunes pour tenter d’aller mieux, trouver des spécialistes compétents dont les séances coûtent en moyenne 50 euros, vous serez sûrement en arrêt de travail, victimes d’angoisses, en forte détresse. Et à ce moment-là, il vous faudra des mois, voire des années pour reprendre le dessus. Bienvenus dans la survie.

Une Justice inutile

Seulement 1% des violeurs sont condamnés. Un violeur sur 100… Ca laisse à réfléchir. Quand va-t-on enfin se pencher sur le problème? Allez-vous faire partie des 20% de femmes à subir un viol dans votre vie ? La roulette russe. 

Seule une victime sur dix porte plainte après un viol. Et on comprend pourquoi ! La plupart du temps, quand vous allez déposer une plainte pour viol, votre parole est systématiquement remise en doute par les enquêteurs, trop, beaucoup trop. 

Une étude neo-zélandaise a travaillé sur la manière dont la police établit la véracité d’un viol. Sur 164 plaintes, 38% sont vues comme douteuses, 33% comme fausses. Il y a 8%de cas où la victime a déclaré avoir menti. Seuls 21% sont vus comme vrais.  Dans les cas où la victime était ivre, à 72% des cas la plainte a été jugée comme fausse. 86% des victimes qui ont tardé à porter plainte sont vues avec suspicion comme 83%de celles qui ont eu précédemment une relation sexuelle consensuelle avec la personne accusée. 87% des cas où la victime avait une maladie mentale ont été classés comme faux ou possiblement faux. Les 3/4 des cas où la victime avait une déficience intellectuelle ont été classés comme suspicieux. Sur toutes les plaintes faites par des personnes déficientes intellectuelles ou avec une maladie mentale,seulement 13% ont été qualifiées comme vraies par la police. Dans 84% des cas, si la victime a été victime de violences sexuelles antérieures, sa plainte courante est vue avec scepticisme. Dans certains cas la police a aussi classé la plainte en considérant la victime comme « aguicheuse ». Les cas où la victime a omis des détails sont aussi vus comme suspicieux. Ainsi est cité le cas d’une jeune fille qui a menti sur la quantité d’alcool qu’elle avait ingérée et qui a tardé pour porter plainte. Malgré le fait que l’accusé ait déjà été condamné pour des faits similaires, l’affaire a été considérée comme fausse. Dans les 8% de cas où la victime aurait déclaré avoir menti, on constate que les choses ne sont pas si simples. Ainsi il est rapporté le cas d’une jeune fille de 16 ans qui dit à sa mère avoir eu des relations sexuelles ; celle-ci l’emmena chez le gynécologue pour une contraception d’urgence. C’est le médecin qui appela la police, ni la mère ni la fille n’ayant jamais parlé de viol. La plainte fut tout de même classée comme si la victime avait avoué avoir menti.

Les médias perpétuent également l’idée que les femmes mentent :

Durant l’été 2003, le joueur de basket ball Kobe Bryant fut accusé de viol (l’affaire fut classée). Une étude de 2008 a étudié les titres et les articles de journaux lors de la révélation de l’affaire face aux mythes les plus communs sur le viol (« elle a menti » « elle la cherché », « elle le voulait »). 65% des articles et 10% des titres contenait au moins un de ces mythes. Des titres contenaient ainsi le mot « accusatrice » plutôt que « victime supposée ». L’étude a ensuite fait lire ces titres à des étudiants hommes et femmes. Il a été démontré que les étudiants hommes qui avaient lu des titres comportant des mythes (comme « elle ment ») étaient plus enclins à penser Bryant innocent que ceux n’en ayant pas lu. Ils étaient également plus susceptibles à excuser le viol de manière générale. Les hommes sont plus touchés par ce phénomène que les femmes ayant observé les mêmes titres.
Une analyse américaine de 1998 montre que les journaux tendent à faire une place plus importante aux viols stéréotypés comme ceux viols commis par des gangs ou par des étrangers armés.
Au Canada, une étude montre que beaucoup de journaux parlent davantage des viols commis par des étrangers que par des connaissances de la victime, alors que ceux-ci représentent l’essentiel des cas de viol. Ils ont également davantage tendance à davantage parler du viol comme un acte sexuel que comme un acte de violence.  En France, un récent article de 20 minutes a tenté de montrer, alors que c’était faux, qu’il y avait davantage de crimes sexuels en été au prétexte que les femmes prennent plus de risques. Un article de So foot a traité une possible affaire de viol comme une affaire de sexe consenti.
En France, lorsque Nafissatou Diallo a porté plainte pour viol contre Dominique Strauss-Kahn, de nombreux media se sont faits le relais de mythes au sujet du viol ; selon le Guen, sur France Inter, la victime aurait eu « une hallucination », pour Michelle Sabban il s’agit d’un « complot international ». Sud-Ouest présente DSK comme « un homme qui aime les femmes sans modération ».  Bernard-Henri Lévy parlera d’un « séducteur ». Jean Daniel évoquera un « lynchage » et de l' »hystérie ». Sur France culture, Jean-François Kahn parlera d’ « imprudence », de « troussage de domestique ». D’autres ont véhiculé l’idée qu’un viol est forcément commis avec une arme. Le parisien parlera de « séducteur jusqu’à l’inconscience ». 
Le harcèlement sexuel et abus de pouvoir dont avait été accusés DSK en 2008 avaient été ainsi qualifiés par Libération « L’affaire de DSK suspendu à un jupon ». Schneidermann parlera, lui, de « chasse à l’homme ».
De Tristane Banon, qui accusa DSK d’agression sexuelle BHL déclara : « cette autre jeune femme, française celle-là, qui prétend avoir été victime d’une tentative de viol du même genre : qui s’est tue pendant huit ans ; mais qui sentant l’aubaine, ressort son vieux dossier et vient le vendre sur les plateaux télé. »
Face à Nafissatou Diallo qui accusa DSK de viol, une partie de la presse française relaya les propos des avocats de DSK  en parlant d' »une jeune femme très peu séduisante » et souligna qu’elle a « de gros seins et de jolies fesses« . Le titre de l’article parle d’ailleurs de « tombeuse » et non pas de « victime présumée ».
Dans le cas du viol de Samantha Geimer par Roman Polanski, Alain Finkielkraut avait déclaré que la victime « nétait pas une fillette, une petite fille, une enfant au moment des faits« .  Costa-Gavras avait lui déclaré sur Europe 1 « mais elle en fait 25« . Un article de Paris-Match dit « Qui veut la peau de Roman Polanski » lorsqu’il est à nouveau accusé de viol. Le nouvel observateur lui titrera « Une affaire vieille de trente ans – Qui en veut à Roman Polanski ?« 
Les media français ont donc à travers leurs titres, leurs articles et leurs émissions laissé la part belle aux mythes autour du viol. Le mythe le plus fréquent « elle a menti » a été abondamment évoqué autour de Diallo et Banon. Celui visant à dire qu’elle l’a cherché a été évoqué pour Geimer.
Les affaires de viol concernant DSK ont été traitées sous l’angle sexuel et pas sous celui de la violence.
Comme il a été démontré plus haut, la lecture de ce genre de prose incite inconsciemment les lecteurs à croire aux mythes autour du viol et à penser que les femmes qui portent plainte mentent. Ainsi lorsqu’une victime présumée de viol est appelée « tombeuse », l’impact sur les lecteurs, tous comme les lecteurs américains qui lisaient les titres autour de l’affaire Kobe Bryant les pousse à la voir comme une femme menteuse.

En réalité, les véritables fausses accusations tourneraient autour d’à peine 1% des plaintes et dans la grande majorité des cas, la prétendue victime avoue avoir menti très rapidement. 

Alors pourquoi les enquêteurs continuent à mettre une telle pression sur la victime, à la considérer comme une menteuse, presque comme une coupable? Pourquoi ne met-on pas tout en oeuvre pour interpeller les violeurs, pour mener une enquête approfondie, pour protéger la victime et pour lui proposer un protocole de soins?

Moi, Anna Circé, je vais être pionnière dans cette reconnaissance du traumatisme par les juges. Mon agresseur passe bientôt aux Assises et nous souhaitons faire reconnaître, en demandant une expertise médicale lors du jugement, le traumatisme et le taux d’incapacité permanente qui en découle. Nous préparons soigneusement cela car je compte bien faire bouger les choses dans la reconnaissance du « handicap » qui paralyse tant de victimes. 

N’oubliez pas que 99% des agresseurs ne sont pas condamnés. Le crime parfait ?

 

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3 commentaire sur “Le viol, le crime parfait ?

  1. J’ai signé la pétition vous concernant et je suis scandalisée que l’affaire du chat CHEVELU qui a bénéficié d’une pétition que j’ai également signée, dont le tortionnaire a ete retrouvé, passe en jugement au mois de septembre prochain !!!!
    Je ne comprends plus rien à notre justice

  2. Il faut que les femmes violées ne se sentent plus responsable de ce qui leur arrive !

    En 1992, je suis tombé amoureux d’une femme qui était mon aînée de 10 ans.
    J’ai découvert qu’étant adolescente, elle avait été violé par son père, qui l’avait obligé à se prostituer pour lui.
    Il offrait les « services » de sa fille, pour fidéliser sa clientèle, la violait de temps en temps et l’offrait à son ami, jeune avocat.
    En 1992, soit 20 ans après les faits, son père était décédé depuis longtemps, mais elle souffrait toujours autant qu’au moment des faits.
    Le pire dans tout cela, c’est qu’en 1992, elle a été obligé de demander de l’aide à son pire tortionnaire, qui était le jeune avocat, ami de son père, devenu bâtonnier au barreau de B…

    En 1993, alors que nous avions une relation suivie, cette femme a été violée par 2 hommes, à la sortie d’un bar.
    Je n’ai pas réussi à la convaincre de porter plainte, et elle m’aobligé à garder le silence.
    Elle est décédée depuis quelques année.

    De 1994 à 2016, j’ai vécu avec une femme qui m’a dit avoir perdu sa virginité, à cause de l’utilisation de tampon périodique.
    Je l’ai cru, mais de l’avis d’autres femmes à qui j’en ai parlé, il semblerait que cela soit peu probable.
    Je n’ai pas insisté, de peur de découvrir la réalité.

    Suite à notre séparation, l’année dernière, j’ai rencontré une femme avec qui je pense refaire ma vie.
    Je n’ai pas mis longtemps à découvrir qu’elle avait été violé par un ami de son père, alors qu’elle était enfant.
    Elle en a parlé à ses parents qui ne l’ont pas cru, et puis cet homme aidait son père dans son activité, et réciproquement, alors …
    Pendant des années, elle le croisait très souvent, car il venait chez ses parents.
    Une fois adulte, elle n’a pas déposé plainte, et cet homme est décédé depuis.
    Mon amie a 54 ans, sa douleur s’est atténuée, mais ne disparaitra jamais.

    Le viol peut aussi faire mal aux conjoints des femmes violées, au moment des faits, mais aussi’après.
    Les hommes témoins de viol, doivent dénoncer ceux responsable de ces crimes !
    En tout cas, si un jour je suis témoin d’un viol, je sais ce que je ferai.

    Gardez espoir, et ne vous découragez pas.
    Je vous soutiens moralement.
    Mes voeux vous accompagnent.

    Philippe

  3. Bonjour Anna, si vous permettez que je vous appelle par votre prénom.
    J’ai découvert votre cas sur le site de pétitions change.org, j’ai signé cette pétition et l’ai partagée. En delà de la compassion, du sentiment de révolte que je peux partager avec vous, je vais vous raconter, un peu ce qui nous rapproche du fait du laisser faire, de l’indifférence, de l’inertie coupable des pouvoirs publics, en 1996, j’ai vécu dans mon travail, une mairie « de gauche », un harcèlement moral par mon « chef », représentant CGT en plus, et par son complice/acolyte , je suis tombé malade, 3 ans, pendant 3 ans, peu à peu, j’ai perdu le goût de voir les autres, de sortir, je craignais le téléphone, aller à la boîte aux lettres, un calvaire et même maintenant, si c’est un recommandé, je suis pris de panique.. Je me suis battu, mais seul, une association de victimes de harcèlement moral m’a soutenu, à cette époque, on découvrait le livre de MF HIRIGOYEN et du phénomène en France, j’ai peu à peu été désociabilisé, quand je rencontrais des gens je rabâchais ce qui m’était arrivé et dont ils n’avaient cure, j’ai tenté en vain de médiatiser mon affaire, sans doute pas assez spectaculaire pour les médias, il m’a privé de salaire pendant 3 mois, le préfet que j’ai averti pouvait rétablir mon salaire, il ne l’ a pas fait et j’ai du aller au TA tout seul pour que mon salaire me soit rétabli. Finalement, par un ami, j’ai retrouvé du travail dans une autre mairie, il a essayé de saboter mon embauche en écrivant directement au mairie qui heureusement ne l’a pas cru. J’ai mis des mois, avec anti dépresseurs, anxiolitiques, à me reconstruire, en 2000, n’ayant pas oublié, j’ai réussi à ce que Mireille DUMAS (qui pourtant disait « quand on veut se débarrasser d’un salarié, tous les moyens sont bons) consacre une partie de cette émission à ce pervers narcissique tout content de parader sur le plateau mais sans assumer le harcèlement, parlant juste de « remettre de l’ordre auprès de fainéants de salariés, » et remettant en cause le témoignage d’un salarié en disant « vous vous rendez compte du fainéant que c’était, il est parti à la retraite en bonne santé », ce qui lui a valu le recadrage de M DUMAS quand même. Ce « type » a continué de sévir jusqu’à ce qu’il aille trop loin, en disant à une employée souvent absente pour soigner son enfant, que c’était sa faute, quand on fait un enfant avec un arabe », elle en a parlé aux adjoints qui ont obligé le maire à le virer mais il a été sévir ailleurs avec les mêmes praiques et comme un criminel nazi, finira sa vie dans son lit, puisque le harcèlement moral est à 90% oral.
    Après j’ai eu des épisodes avec d’autres maires, pas aussi graves mais j’ai résisté du fait de cette expérience, les élus, hommes de pouvoir, se comportent comme des dictateurs, refusent la contradiction, et pensent souvent que le pouvoir leur permet des libertés sur les femmes; ce que j’ai vu en 2007/2010 avec un maire, qui ne pensait profiter d’une secrétaire, qui avait compris son intérêt, sans apparemment lui laisser aller jusqu’au biut de son attente. Puis, je suis arrivé à la retraite, j’ai loué des chambres meublées chez moi pour compléter ma pension et aussi pour ne plus être seul et se sentir encore utile. En février 2017, J’hébergeais un professeur d’équitation, ne me payait plus faute de travail , mais je continuais à l’héberger par humanité, mais apparemment, c’est suspect d’être humain et charitable en cette époque.Le 6 février 2017, à 6h, coups répétés de sonnette et allant à la porte, j’entends hurler « police, ouvrez où on défonce la porte », je leur demande ce qu’ils veulent sans se présenter le six disent venir chercher ce locataire. Ils rentrent dans sa chambre, je demande ce qu’il a fait, une femme agent me répond « agression sexuelle sur mineur(e) » . La police ne m’a montré aucun papier de procédure. L’un me demande si il a un bail, je réponds que non car il ne me paye plus depuis juillet, et un autre « et avant comment, il vous payait », je réponds « en liquide », nouveau haut le coeur des policiers, puis réponse du policier, « il ne vous paye pas alors qu’il a une voiture à forte consommation ». Je ne m’y connais pas en voiture et quel rapport avec l’affaire pour laquelle ils se sont introduits chez moi.
    Un autre locataire, étudiant Togolais, est sommé de montrer son passeport. Puis, un autre locataire doit présenter sa carte et donner son téléphone. Il demande ce qu’a fait ce locataire, réponse : « vous le lirez demain dans le journal ». Je pense alors qu’il a agressé une fillette la veille au centre hippique vu les forces déployées, les menottes. Le chef ? présumé me demande s’il y a d’autres locataires et je lui réponds qu’une étudiante sénégalaise a une chambre au 1er étage, il y envoie la femme agent quirentre sans la permission de la jeune fille, on lui demande son passeport, son bail qu’elle donne . Un second policier rentre sans permission dans la pièce et redescend en tendant le contrat en disant « t’as vu la gueule des contrats » (sic), choqué, je me rends dans la salle à manger. Le plus véhément revient et me dit « on va vous envoyer la DG ???? (peut être ex répression des fraudes). les 6 partent avec le locataire et vont fouiller sa voiture. Tout le voisinage assiste confortablement à ce spectacle visuel « très discret ». A 10h30, je vais déposer au commissariat et répond aux questions du policier. Le jour de leur venue, j’ai pensé à cette citation « l’humiliation, c’est le sentiment d’être objet », et c’est ce que j’ai ressenti, je n’avais plus de droits, de libertés, je devais me soumettre, obéir, et répondre à des questions, sans rapport avec mon locataire, à des accusations, alors que je n’étais pas concerné par ce qu’il aurait fait. La juge avait demandé d’interpeller mon locataire mais en quoi étais-je concerné outre le « fait » qu’il était mon locataire, je n’étais pas son complice. Je ne suis pas un marchand de sommeil, pourquoi s’en prendre à moi, demander leurs papiers et baux aux autres locataires. 48 heures après son interpellation, je me demandais que faire si il revient ayant deux femmes locataires etavait condamné l’accès à mon domicile. Dans la soirée, sa voiture n’était plus là, je pensais qu’il avait été relâché et se sauvait, voire allait se suicider tant j’étais persuadé selon les propos des policiers qu’il avait du commettre un viol et était un dangereux pédophile. Finalement, le lendemain, il rentra et me donna sa version des faits. La police l’a libéré sans m’en avertir, sans me donner un conseil sur l’attitude à adopter avec lui et ce que j’avais le droit de faire. Donc, c’est ce locataire qui m’apprit que la juge l’avait libéré, avec obligation de pointer deux fois par mois au commissariat, de rester en Lorraine mais elle l’autorisait à conserver son travail dans un centre équestre où pourtant il y avait des enfants, des adolescentes. Je lui indiquais de partir au plus tôt pour ma tranquillité . J’ai essayé de me renseigner si je pouvais le faire partir, en appelant le Tribunal qui me répondit que pour une réponse, je devais leur écrire. J’aurais aimé aussi avoir confirmation de ses propos, mais nulle part où s’adresser. 3 semaines après son retour, mes voisins me téléphonent, l »épouse me dit que je devais me débarrasser de mon locataire car elle craignait pour ses filles, puis elle m’indiqua que par des sources bien informées, elle savait que c’était un pédophile, qu’il pointait deux fois par mois au commissariat, et que je devais arrêter de louer en ne prenant pas des « pauvres » et en demandant un extrait de casier judiciaire (ce qui est interdit), Ces jeunes voisins aisés m’appelèrent encore deux fois pour savoir si mon locataire dont ils savaient le nom que je ne leur avais jamais donné, était partiJ’ai réussi au bout de 3 mois, à sortir 3 fois, je fais venir le médecin chez moi qui m’a prescrit anxiolitiques, anti dépresseurs, séjour en maison de repos et m’a fait un certificat médical sur mon état psychologique suite au choc subi. Plus tard, un de mes locataires me raconta qu’une personne extérieure à cette ville lui avait dit « vous habitez chez M.GROSSE, il va falloir chercher une chambre ailleurs car la police va lui interdire de louer ???? puis de lui donner le nom de mon locataire interpellé et de raconter que celui-ci étant enfant avait été violé par de la famille.. (sic) cette personne disait tenir ses propos d’un agent.
    Ils étaient venus chercher dans sa chambre ce locataire et avaient-ils le droit hors l’entrée et sa chambre d’entrer dans presque toutes les pièces de ma maison. Et que penser de leurs apparents manquements oraux, à des informations censées confidentielles.
    Selon l’article 9 du code civil, le droit à la vie privée fait partie des libertés publiques. Hors l’accord de la personne, divulguer à un tiers une information à caractère privé concernant une autre personne que soi constitue une atteinte à la vie privée, quel que soit le mode sur lequel elle est opérée (Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 23 avril 2003, 01-01.851).
    Code de déontologie de la police
    R. 434-8 – Secret et discrétion professionnels
    Soumis aux obligations du secret professionnel et au devoir de discrétion, le policier s’abstient de divulguer à quiconque n’a ni le droit, ni le besoin d’en connaître, sous quelque forme que ce soit, les informations dont il a connaissance dans l’exercice ou au titre de ses fonctions. Principe respecté avec moi qui n’ai rien sur mais pas avec mon voisinage, et autres personnes.
    Article R. 434-14 – Relation avec la population
    Le policier ou le gendarme est au service de la population.
    Sa relation avec celle-ci est empreinte de courtoisie et requiert l’usage du vouvoiement.
    Respectueux de la dignité des personnes, il veille à se comporter en toute circonstance d’une manière exemplaire, propre à inspirer en retour respect et considération.
    Pourquoi ces policiers n’auraient pu me traiter respectueusement, me dire juste « on vient chercher M. X, ne vous inquiétez pas, vous êtes juste le logeur, vous n’avez rien à voir dans cette procédure qui va se limiter à sa garde à vue et à l’inspection de sa chambre.
    Ces policiers pensent qu’ils n’ont que des pouvoirs et pas de devoirs.
    J’ai saisi le défenseur des droits et des libertés, la ligue des droits de l’homme en vain car pas de preuves écrites, Me Dupond-Moretti, à l’agenda trop charg, plusieurs autra associations sans suite.
    Dans votre affaire, si vous le permettez au vu de ces deux expériences, ce que vous faites et bon : pétition, médiatisation, réseaux sociaux. Il y a sans doute peut-être à demander à tous d’écrire à ce juge laxiste qui visiblement ne vous voit pas comme un humain mais juste un dossier, et peut-être avec un à priori sexiste. PLus la médiatisation sera forte, plus elle obligera les politiques à intervenir mais pas la justice qui se croit au dessus de tout Je ne suis pas juriste mais n’y a t’il pas moyen de les attaquer ou l’état français pour non respect des délais.
    Je vous ai donné communication de mes deux affaires, je ne sais pas trop comment vous aider, il faut faire peur au pouvoir, j’ai écrit au Miistre de l’Intérieur er mon mail semble avoir atteint son objectif, le Ministre demande au Préfet d’enquêter sur la conduite des policiers, cela les embêtera un peu de devoir se justifier, après, ce serait du bonus, se battre contre l’état en France, c’est très dur, je vais essayer la cour européenne des droits de l’homme peut-être par ce biais, la CEDH pourrait condamner l’état FRançais à une amende, on en parlerait et l’état demanderait peut-être aux magistrats d’alle plus vite.
    Bon Courage

    Francis GROSSE

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